18

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                           Envoyé : mardi 18 novembre 2014 07:04

Objet : la glisse


Bonjour Olivier,


Tu sembles avoir pris la mesure des alizés et tu vogues à bon rythme. C’est un plaisir de te voir filer bon train vers Pointe-à-pitre. Après deux semaines de mer, on se suffit de petits plaisirs et tu dois avoir l’impression de voler.

Après tout tu as ce dont beaucoup rêvent !!

Un bateau, le soleil, la mer et le calme….

Que le ciel te tienne en joie !

@ demain


Olivier SANCHEZ

De : SANCHEZ Olivier                                                                           Envoyé : lundi 17 novembre 2014 06:17

Objet : un point c'est tout


Bonjour Olivier,


As-tu déjà remarqué comment certaines choses s’insinuent en nous avec le temps. Lire un livre policier et sentir plus que comprendre le nom du coupable. Certains jugent cela de l’intuition. Le point par exemple est un concept qui nous entoure au quotidien. Intuitivement il fixe les quatre coins de notre carnet de voyage. Car si tout n’est point, un point c’est tout. Ce point sur ta carte météo qui comme l’apôtre te guide à travers ténèbres et écume, ce point dans le ciel qui te parle par nuit calme et te réchauffe le cœur chahuté, ce point qui est un tout sur nos écrans lorsqu’on te suit. On peut même sourire de quelques expressions à point nommé. Tout vient à point à qui… le veut très fort !!

Ce point s’étire et se rapproche au fil des alizés, de ta volonté, de ton moral. Ne le quittes pas mais ne le fixe point. Dans la vie tout n’est point. Et c’est bien pour ça que parfois, un point c’est tout.

Cinq lettres qui s’amusent de ta condition de marin, qui dansent devant tes yeux et te font compter chaque mille. Il ne peut y avoir de mirage si ton point est fixe. Celui d’arriver coûte que coûte. Et là peut-être avec le vent ou bien l’accent créole, ton point sifflera pour devenir pointe. Car un point c’est tout et il ne saurait en être autrement.


Toute la famille t’embrasse et t’encourage

Que les  étoiles te guident

Olivier SANCHEZ

17

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                      Envoyé : dimanche 16 novembre 2014 08:51

Objet : Une deuxième course


Bonjour Olivier,


Les vents semblaient t’avoir retrouvé ces dernières heures et j’en suis ravi. Les arrivées se succèdent à Pointe-à-Pitre et la 1ère course, celle des cadors se termine donc (Ultimes, Multi50, Imoca). Commence, la seconde, celle des amateurs, des courageux à petit budget. Pour toi comme le révèle ton message, commence aussi une course contre la montre pour terminer dans les délais. Inutile pour autant de calculer car je ne crois pas que cela poussera plus ta voile. Peut-être cela te donnera plus de courage dans les moments difficiles… difficile à dire. En tout cas tu t’attendais à une aventure au bout de toi-même, je pense que tu es servi. Tu navigues entre bonheur immense et grande difficulté, seul aux manettes mais soutenus par de nombreuses amitiés. Le fil de la vie en somme. Ne le perds pas et bonne  deuxième course.


Bon vent aujourd’hui et @ demain

Olivier SANCHEZ

16

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                           Envoyé : jeudi 13 novembre 2014 08:04

Objet : une certaine idée de la douleur


Bonjour Olivier,

J’ai lu tes messages et si je les rapproche des vitesses relevées sur ton bateau (hier, cette nuit, ce matin), je me dis que la journée et la nuit ont dû être épuisantes. La pétole semble ne pas te lâcher !!


Mais il faut garder la foi. Non pas par principe mais simplement car c’est ce qui permettra à ton corps de se faire une autre idée de la douleur. A cet instant tu souffres, de fatigue physique autant que morale parce que tu t’attends à un certain niveau de douleur. Ton esprit s’est forgé, lors de ta préparation, les contours de ce qui l’attendaient. Tu y es. Problème, l’arrivée n’est pas à portée de voile. Aussi ton esprit se dit que ça ne vas pas être possible. C’est le syndrome de proportionnalité. Vu ce qu’il te reste à faire, ton corps n’y arrivera pas ou alors hors délais. Ainsi tu doutes. Mais c’est normal et légitime. Et c’est bien ce qui doit renforcer ta foi. Tu t’es préparé, le bateau est solide et les vents tournent. Ils ne sont pas avec nous tous les jours mais ils reviennent toujours. Et ton corps est fait de ressources inexplorées !!


Alors garde la foi. La tienne et la nôtre car n’en doutes pas, nous aimerions être tes bras et tes jambes pour t’aider et nous sommes tous convaincus de ta réussite. Car plus encore que dans le vent, le matériel ou la mer, nous avons foi en toi.

Ne lâches rien et puise dans tes belles images pour te réconforter.

Que le vent porte nos encouragements


@ demain   

Olivier SANCHEZ

13

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                      Envoyé : mercredi 12 novembre 2014 06:56

Objet : la dérive


Bonjour olivier,


Lorsque je me suis levé à 4h30 ce matin, j’ai remarqué sur l’application mobile que tu barrais au 90/100°… je me suis inquiété d’une avarie possible mais il semble que tu sois reparti au 200°, donc tout va bien je l’espère. Hier soir en pensant à toi avant de me coucher, je me demandais quel pouvait être ton état d’esprit après 9 jours de mer et alors que tu entames véritablement l’éloignement des côtes pour la traversée de l’océan atlantique. Je me disais que la vie telle que les hommes se les ont construites est une sphère dans laquelle les contraires se côtoient sans cesse. Mieux j’ai le sentiment que nous avons besoin de sentir chaque extrême près de nous un peu comme un enfant touche les deux côtés du couloir dans l’obscurité pour se rassurer. C’est sans doute ce qui nous distingue de la nature et des animaux dont la cohérence et bien plus grande. Ainsi on retrouve dans notre langage toutes les conséquences de cette curieuse ambiguïté humaine. Chemin faisant je pensais à la dérive, à la fois ce sentiment d’impuissance et de perte de contrôle et aussi l’instrument indispensable par lequel le bateau garde son cap. Sans elle il serait bien compliqué de naviguer et d’atteindre le point souhaité dans la ligne du vent. C’est donc cette dérive qui permet au marin de garder le contrôle…

De quel côté du couloir es-tu à cet instant, est-ce que la dérive est toujours pour toi cet instrument indispensable ??

Est-ce que l’assourdissant galop d’une carrière d’expert-comptable t’empêche de gouter au fabuleux silence de la mer, à sa recette du temps qui passe, de ne pas avoir peur de sa colère ??

Peut-être un jour aurons nous l’occasion d’en discuter. En attendant souviens-toi que l’équilibre ce n’est pas ignorer les forces latérales mais les repousser chacune avec une force égale !!


Mes pensées t’accompagnent

@ demain

Olivier SANCHEZ


12

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                           Envoyé : mardi 11 novembre 2014 08:26

Objet : de tempête et d'espoir (Marina Dédéyan)


Bonjour Olivier,


La côte bretonne ressemble parfois à la fin du monde quand elle se noie de brouillard. Des lambeaux de terre, des fragments de roche, l’à-pic d’une falaise sombre, l’ombre d’une île semblable à un dragon en sommeil, le ressac assourdi et le bruit qui se meurt en un écho lointain…

Le vent s’éteint et les voiles gorgées d’humidité pendent aux vergues comme des oripeaux de sorcières. Ce paysage machiavélique, tu l’as abandonné très vite pour te rendre vers les étoiles limpides et les ciels aux mille couleurs. Tu navigues sans te soucier car le temps n’est plus ton ennemi. Celui qui frappait à ta porte chaque jour, t’apporte aujourd’hui la sérénité et la quiétude. Tu as multiplié par 8 ton expérience sur cette course et même par l’infini si on veut être puriste. Cet infini ciel étoilé qui t’encourage chaque nuit avant de te proposer au matin quand les démons du sommeil t’assaillent, les plus beaux ciels vanilles que Monet ait jamais peints. Au large de Madère et des Canaries, la chaleur douce de l’Afrique effleure ton visage d’une si agréable caresse qu’il te faut une bonne vague croisée pour te rappeler ton plus bel objectif, Pointe-à-Pitre.


T’es tu demandé qui se cache derrière ces étoiles, ce vent chaud, ce ciel vanille ?

Que de souvenirs entrent en toi, quel homme différent vas-tu devenir ?

En moins de trois semaines et 7000 kms, tu auras changé l’histoire, ton histoire. Sois sensible à notre ignorance et ramène nous de belles images.

Que la caresse soit douce et les vents amicaux.

@ demain


Olivier SANCHEZ

11

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                        Envoyé : vendredi 7 novembre 2014 16:17

Objet : le cinquième élément


Bonjour Olivier,


Même pour les plus grands philosophes anciens, il a toujours été question d’un élément complémentaire aux quatre de base.

Ces quatre éléments fondamentaux sont avec toi !!

L’eau bien sûr dont tu ne manques pas (parfois tu voudrais sans doute être plus au sec…), le vent qui joue avec tes nerfs (et les nôtres), trop ou pas assez, il ne parvient pas souvent à être dans le compromis et la terre dont l’énergie de tes supporters s’additionne à ton passé pour couler dans tes veines.

Reste le feu. Il est en toi. Oui car il faut véritablement avoir le feu sacré pour tenter cette aventure de plusieurs mois, plusieurs années même !! Le feu est ton combustible, les quatre éléments sont bien avec toi.

Et le cinquième ??


Le cinquième, c’est celui qui transcende les 4 autres, celui qui catalyse les interactions. Ton cinquième élément pourrait s’appeler Philippe, Pascal ou Marianne, il est l’engouement de ceux qui te suivent jusqu’au Portugal pour t’aider, la bonté de ceux qui t’aident sans te connaître, juste parce que ta folie impose le respect, parce que ton courage touche le cœur de gens simples.


Ce cinquième élément tu dois t’en imprégner pour assouvir les autres, c’est Aristote qui l’a dit !!

Reposes toi bien et repars en pleine forme.


Olivier SANCHEZ

07

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                                     Envoyé : jeudi 06/11/2014 07:58

Objet : llusion et magie


Bonjour Olivier,

Hier soir à la convention France Défi, un illusionniste est venu nous expliquer ce qu’était finalement la différence de point de vue, une façon systématiquement autre de voir une même réalité. Pour nous expliquer ce qu’est un tour de magie il explique en fait que l’illusionniste cherche à créer un point de rupture logique. Evidemment je ne peux te raconter ici l’ensemble des tours qu’il a réalisé sur cette base et qui ont tous marché bien sûr. Ce que je veux te dire c’est plutôt le rapprochement que j’en ai fait avec l’aventure que tu mènes. Cette rupture de logique ou un marin dit amateur se lance dans une telle odyssée sur un bateau de la taille d’Obportus. A ta manière tu créé cette distorsion de logique et nous fais entrer dans la magie. La magie d’une aventure improbable ou chaque jour qui passe semble nous surprendre.

Ton métier d’expert-comptable, ton lieu de vie loin de la mer, ton environnement, tout te prédestinait à ne pas faire de voile et de transat en solitaire. Mais voilà tu as rompu ce fil logique, tu nous emmènes vers une autre vision d’une même réalité, celle de la volonté et de la passion et ça c’est évidemment magique.

Olivier SANCHEZ

06

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                                Envoyé : mercredi 05/11/2014 06:57

Objet : l’instant


Bonjour Olivier,


Après être venu te voir partir à l’écluse de St Malo, moment très émouvant d’ailleurs, je me suis mis en tête de te suivre le plus régulièrement possible pendant ces trois semaines.

Le site de la route du rhum est assez adapté à cette nouvelle frénésie et me permet en un clic d’être rassuré, tu es toujours en course et sans avaries majeure, et aussi d’esquisser un sourire sincère quand je vois tes performances et ton classement même s’il faut rester raisonnable, la route est encore longue et l’odeur du rhum encore très légère. Mais ce que je constate surtout c’est ce nouveau toc qui me frappe… je clique plus que de raison sur la page « cartographie » du site espérant avoir ainsi des nouvelles plus fraiches que fraiches !!

Pourtant je sais que grosso-modo la mise à jour est horaire et qu’il est donc inutile de cliquer toutes les 30 minutes mais ce faisant, j’essaye de m’immiscer dans l’instant. Celui que tu vis toi, je voudrais en vivre un bout, je voudrais t’aider à choisir ta route, à tirer sur les cordages ou à fabriquer une nouvelle trinquette avec ce qui te servait de couchage !!

Cet instant magique qu’on voudrait saisir mais qui fuit en avant inlassablement, je crois le tenir en suivant ta course 30 fois par jour. Course éperdue mais frissonnante aussi quand je suis dans l’attente de l’actualisation de la page…

Comme je ne me sentais pas assez proche de toi, je me suis lancé dans le jeu du site de la route du rhum et je suis désormais moi aussi un skipper aventureux… devant mon ordinateur. Je choisis les trajectoires en fonction de la météo sur un Imoca mais sans soucis de casse ou de sommeil… mon bateau vogue seul pendant que je suis dans les bras de Morphée.

Et oui cet instant est le tien et mes efforts électroniques n’y changeront rien !

Cet instant, vis-le mais ne le laisse pas s’échapper en le regardant.

Bon courage aujourd’hui et à demain


Olivier SANCHEZ

05

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                                Envoyé : mardi 04/11/2014 10h45

Objet : encore une courte nuit


Bonjour Olivier,

La nuit a dû être stressante et courte… il n’y a qu’à suivre la longue liste d’abandons et d’avaries pour s’en convaincre. Donc je fais court juste pour te dire qu’hier mon fils a préparé pour sa classe une petite présentation  sur toi, ton bateau, ton aventure. Il était fier de dire qu’il était monté sur ton bateau et que tu lui avais expliqué comment naviguer. La joie simple des enfants en somme !!

Il t’encourage en arrivant pour le petit déjeuner et se demandait hier comment tu allais faire pour ta rentrée au boulot…

Allez Olivier, bonne route aujourd’hui et à demain


Olivier SANCHEZ

04

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                                   Envoyé : lundi 03/11/2014 06h55

Objet : 1ère nuit


Salut Olivier,

Une première nuit sans doute courte et compliquée alors juste quelques mots d’encouragements.

Allez Olivier allez….

courage

Olivier SANCHEZ

03

nov-14

20

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                           Envoyé : Jeudi 20 novembre 2014 09:57

19

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                      Envoyé : mercredi 19 novembre 2014 07:04

Objet : Pirates


Bonjour Olivier


Je crois vraiment qu’il se passe quelque chose en plein océan. Aurais-tu les pirates à tes trousses pour naviguer à si bon rythme ?

Les vents te semblent en tout cas favorables. Tu as du retrouver un bon moral après avoir basculé dans la deuxième moitié de la course. La fatigue s’évapore par moments et l’ivresse de l’écume t’emporte tel barbe rouge à la poursuite d’une caravelle espagnole. A dire vrai je crois plutôt que le pirate c’est toi et que tu cherches à rattraper le bateau devant comme si un trésor s’y cachait.

Je t’imagines avec œillère et sabre…

Allez capitaine, l’équipage est avec toi !

A demain

Olivier SANCHEZ

Objet : Toi qui tient la barre


Bonjour Olivier,


Je me suis préparé, me suis grimé et j’ai attendu. J’ai rêvé moi aussi à des vents doucereux, des écumes sucrées et un bronzage huilé. La force de l’habitude car on sait bien ce qui nous attends. Des houles musclées, des lames édentées, des roulettes sous la coque.  J’ai souffert de devoir m’arrêter et du chagrin d’abandonner la lutte avec les 20èmes !

Reparti regonflé, aussitôt dégonflé par une pétole sans fin. A toi qui me guide entre étoiles et colère , je tiens à dire que je n’abandonnerai pas. Ma vocation est destination. A la course aux alizés, je bombe le torse et couvre ton sommeil d’une ligne droite sans remous. A bon port je te conduirai, je te le promets et tous deux nous noierons dans un rhum couleur de joie mais jamais nous n’aurons la gueule de bois.


On t’envoie nos frimas continentaux pour te maintenir éveillé !

@ demain

Olivier SANCHEZ

22

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                       Envoyé : Samedi 22 novembre 2014 11:21

Objet : la lutte


Bonjour olivier,


J’ai le sentiment que basse-terre s’éloigne comme un mirage à chaque vague que tu détruis. Comme une flamme, elle fait danser tes nerfs à fleur de peau. Ta peau blanchie par le sel ne frissonne plus d’une odyssée magique et chaque heure te semble éternité. Cette relativité de l’instant est ce qui cause ton désarroi. Car la fin du début se profile. A pointe-à-Pitre un trio se meurt, et un homme nouveau émerge. N’y penses pas trop tôt car la fatigue est mensonge. Que la joie de l’instant soit pour ton cœur l’eau du printemps qui plait à la fleur. Laisse la couler en toi. Oublie la fatigue. Tu es parti un tu reviendras mille. Mais ne détruit pas ta passion sur les ruines du calvaire.

Ainsi tu auras grandi. Car l’homme grandit par la lutte. Comme je te l’avais dit en début de course, ton corps et ton esprit t’indique une limite. Celle qu’ils avaient prévus. C’est à partir de cette nouvelle inconnue que tu vas explorer tes propres veines, tes propres cellules aux connexions les plus profondes.


On est toujours là avec toi !

A demain

Olivier SANCHEZ

23

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                   Envoyé : Dimanche 23 novembre 2014 21:35

Objet : Insatisfaits ??


Bonsoir Olivier,

Je suis en travaux chez moi et avec tous les sujets en-cours au boulot et à la maison, je ne m’en sors pas. En résumé mes journées passent trop vite. De ton côté entre fatigue physique et morale et un océan toujours joueur, tes journées sont longues… trop longues !!

Je dois finir mes travaux impérativement d’ici 3 semaines car sinon ensuite cela va être compliqué puisqu’on emménage. L’objectif arrive donc un peu trop vite. Toi, tu as l’impression que Pointe s’éloigne au fur et à mesure de tes efforts physiques pour accélérer. L’arrivée te parait encore loin.

Bref, on est chacun insatisfait malgré des situations inverses. C’est bien notre douleur que d’avoir du mal à nous satisfaire. La magie des joies simples a été technologiquement supprimée. Le père noël n’a qu’à se séparer des lutins au profit de machines plus performantes et modernes. Ainsi nous aurons plus de jouets, plus de plus….

Ainsi mesure-t-on le bonheur des enfants devant le cadeau au pied du sapin ? Sans doute pas et nos aînés protesterait une joie plus éphémère. Au milieu de l’océan, es-tu heureux toi qui voulait naviguer plus loin que l’horizon ? Penses-tu déjà à la moite sensation des touches sous tes doigts ? Penses-tu déjà au bruit lancinant de l’imprimante ?


Si je forme un vœu à quelques jours de ton arrivée, c’est que tu aies réussi à oublier tout ce qui nous emprisonne, nous rends insatisfait au quotidien et que tu parles aux étoiles, aux dauphins et à l’écume. Car l’occasion est trop belle de nous oublier tous pour ne penser qu’à toi, simple chose au milieu de tout. Et si tu as mal, regarde la lune et compte sept étoiles à l’ouest. C’est la lumière des enfants de Volstroff, Pergaud, Prévert et De la Salle pour te soutenir !!

Que la sérénité soit ton alliée.


@ demain

Olivier SANCHEZ

24

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                   Envoyé : Lundi 24 novembre 2014 06:44

Objet : Le voyage de Cristobal


Bonjour Olivier,

Briotin que tu es, tu dois savoir que pour certains historiens, le nom de la ville viendrait du celte « Briga » qui signifie forteresse. L’origine celte est une douce coïncidence pour son marin de fils. La forteresse en a connu d’autres et lutte pour ne pas tomber. Les renforts arrivent et la victoire est proche mais il faut tenir bon pour s’inscrire dans la lignée des George de Bazelaire, Michel Platini (Joeuf, c’est tout près) ou  Léon Fauché. Ce n’est pas quelques muscles endoloris qui vont t’abattre si près du but. Tu as voulu narguer les temps immémoriaux en rapprochant deux terres qui ne s’étaient plus vues depuis la pangée, il est logique que cela ne soit pas sans mal.

Mais si la ligne de ta course ne fut pas droite, celle de tes valeurs ne l’a jamais autant été. Comme une symphonie de Beethoven, tu exaltes les cœurs de ceux qui savent écouter. Comme elle, tu expires ta souffrance. Comme elle tu ne t’arrête qu’à la dernière note. Que dit la vigie, capitaine ? L’horizon est dégagé et on aperçoit terre ?

Non bien sûr et les doutes t’assaillent.

« Plus les indices de la terre (...) se révélaient vains, plus la peur des marins grandissait ainsi que les occasions de murmurer. Ils se retiraient à l'intérieur des navires et disaient que l'Amiral, par sa folle déraison, s'était proposé de devenir grand seigneur à leurs risques et périls et de les vouer à une mort abandonnée. (...) Ils étaient si attentifs à ces signes que, jusqu'à la terre, chaque heure leur devint année. » Extrait du journal de C Colomb lors de son 1er Voyage en 1492-93.

Toi aussi tu as perdu beaucoup depuis ton départ. Perdu illusions, convenances, confort et sans doute le nord par instant. Perdu aussi quelques kilos d’énergie et de volonté. Parti le cœur lourd d’une angoisse légitime, tu reviendras le cœur léger d’un chapitre magnifique. Le repos sera court, mais l’encre ne sèchera pas.

Que Santa Maria de Guadalupe te tienne la main


@ demain   

Olivier SANCHEZ

26

nov-14

De : SANCHEZ Olivier                                                                   Envoyé : Mercredi 26 novembre 2014 20 : 20

Objet : Le voyage de Cristobal


Bonjour Olivier,

J’étais en déplacement depuis hier mais j’ai beaucoup pensé à toi. Quelle joie ce doit être de sentir l’arrivée, de voir la côte et sans doute des bateaux de plaisance qui t’accompagnent. Bien sûr tu dois être épuisé et rêver d’un bon lit douillet, mais en même temps ça sent la fin d’une si belle aventure. A cet instant j’ai aussi une pensée pour tous ceux qui t’ont aidé, qui t’ont soutenus, moralement financièrement, physiquement !!

Quelle joie ils doivent ressentir de te voir bientôt franchir la ligne. Ce doit être magique. j’espère que malgré la fatigue qui ne cesse d’augmenter car les derniers miles sont compliqués, tu pourras profiter de cet instant exceptionnel. Tu n’as certes pas gagné la course mais tu as bien conquis le graal.

Profites au maximum.

Matéo présente ta course à sa classe demain matin, il est très heureux que tu aies fini entier.

On t’envoie toutes nos pensées positives.

@demain pour un dernier message

Olivier SANCHEZ